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mercredi 12 mai 2010

Editorial de Monsieur n°82

UN PEU DE LEGERETE
Dans les boutiques, chez les responsables de collection des marques de prêt-à-porter, tout le monde le note, les hommes veulent de la légèreté. Vestes non doublées, tissus techniques sont la tendance et pas seulement pour l’été.
L’automne aussi sera léger. Dans le profond courant vintage, les amateurs recherchent eux aussi la légèreté mais d’une autre forme « superleggera », ai-je envie de dire en empruntant ce terme aux fabricants de bolides italiens. Plus question de poids ici mais d’esprit. Avant, tout le monde était plus léger. Des constructeurs automobiles aux fabricants de bagages ou de bateaux, on n’avait souvent que l’obsession de la performance et du beau. Ni le design, ni le concept n’étaient alourdis par des considérations sécuritaires…
Dans le succès de ce courant, il y a certainement aussi ce qu’il évoque de liberté, d’inconscience. On pouvait prendre l’avion sans se livrer à un strip-tease grotesque, foncer sur la route un peu ivre et mourir au petit matin en encastrant sa Ferrari dans un arbre au bois de Boulogne. Certes, mais on avait le sentiment de vivre. Comme dit Floc’h, « on se fout de la modernité, ce qui importe c’est le plaisir ». Et le plaisir, notre époque en est si dépourvue que les hédonistes et les bons vivants sont condamnés à regarder vers le passé.

François-Jean Daehn
copyright © Monsieur

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