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lundi 5 mai 2008

DMC placé en redressement judiciaire, les salariés restent "sur le qui-vive"

PARIS (AFP) — Le groupe textile DMC, confronté à de graves difficultés financières, a été placé lundi en redressement judiciaire, une décision espérée par les représentants du personnel qui restent toutefois "sur le qui-vive", craignant de nouveaux licenciements.

Les trois pôles du groupe, qui avait déposé son bilan mercredi, sont concernés par cette décision du Tribunal de Commerce de Paris: la production emblématique de fils (DMC SA), celle de tissus (DMC Tissus) et les magasins de loisirs créatifs manuels (Loisirs et Création).

Désormais, les différentes branches de Dollfus Mieg et Cie sont gérées par des administrateurs judiciaires (deux pour DMC SA et DMC Tissus et un seul pour les magasins) et leurs dettes sont gelées, le temps de trouver une solution.

Mais la période probatoire, qui court à partir du 30 avril, est différente pour chacune d'entre elles.

DMC SA, la seule qui est bénéficiaire, dispose de six mois. Les tissus et les magasins Loisirs et Création ont respectivement trois et deux mois devant eux.

"C'est une nouvelle période de la vie des sociétés de DMC qui s'ouvre. Ces décisions donnent à chacune, avec le soutien des administrateurs judiciaires, le temps nécessaire à la recherche de solutions permettant de préserver les intérêts des salariés, des actionnaires et de retrouver un avenir", a commenté le groupe dans un communiqué.

Soulagés par la décision du tribunal, les représentants du personnel ont toutefois exprimé leurs craintes de nouveaux licenciements.

"C'est le mal nécessaire par lequel nous devons passer pour pouvoir nous redresser. Ça permet aux salariés (...) de souffler un petit peu", a réagi Graziella Stefana, secrétaire CFTC du comité de groupe et du comité d'entreprise de DMC SA.

Au sein de DMC Tissus, que le groupe veut céder totalement ou en partie, "on espérait fortement ce jugement" mais "trois mois, c'est quand même court, on reste sur le qui-vive", a lancé Sylvie Gensbeitel, secrétaire adjointe CFTC du comité d'entreprise.

Selon elle, DMC avait déjà trouvé quatre repreneurs, un groupe pakistanais, un indien, un turc et un marocain.

"Ce qui nous inquiète, c'est que la reprise peut s'accompagner d'un plan social peut être plus important que ce qui était prévu", a-t-elle déclaré.

Depuis 1995, au fil des restructurations, les effectifs de DMC ont fondu de 9.000 à 1.150 actuellement, dont 870 salariés en Alsace (Mulhouse, Illzach, Saint-Amarin, Colmar).

Le dernier plan social en date, annoncé en janvier, prévoit la suppression de 208 emplois, dont 136 pour DMC Tissus. Si DMC SA devrait éviter les licenciements secs grâce à des départs en pré-retraite, DMC Tissus n'y échappera pas, touchée par la fermeture de son usine de Colmar (Haut-Rhin).

Représentants des salariés de Loisirs et Création, que DMC veut vendre, Laurence Potez et Stéphane Clémenceau, souhaitaient eux aussi "un ou deux mois de plus" mais espèrent surtout désormais trouver un "repreneur dans le même secteur" d'activité, afin d'éviter la "casse" sociale.

Les salariés, qui n'ont pas touché leurs salaires d'avril, devront désormais attendre leur paiement par les assurances, soit environ une vingtaine de jours.

Fleuron bicentenaire du textile, DMC est en difficultés chroniques depuis 15 ans, victime notamment du déferlement de la production textile asiatique à bas coûts sur le marché.

La société, dont le premier actionnaire est le fonds britannique Guiness Peat (24,3%), qui a racheté en 2005 les parts du chinois Cha, a subi un recul de 18,9% de son chiffre d'affaires, à 145,3 millions d'euros.

Copyright © 2008 AFP.

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